L'homme qui a "planté" mon entreprise

Eric Arnoux, en qualité de gérant de plusieurs sociétés de promotion immobilière, a commandé à ma menuiserie des milliers d'euros de travaux. Financés par les banques, ces travaux étaient facturés mensuellement. Au début les factures sont honorées, puis, au fur et à mesure de l'avancement, du retard est pris dans le règlement.

Entre négociations, intimidations, promesses, le charismatique EA, vous entraîne toujours plus loin dans l'exécution des travaux, mais sans jamais véritablement tout solder . Et quand arrive la facture finale, le "reste dû" est pharaonique.

Pour l’anecdote : sur le chantier du chalet Savana, Monsieur Arnoux a réussi à se faire rembourser la TVA sur des factures non payées, soit le remboursement  de milliers d'euros, sur le dos des entreprises et de l'état.

Quand M.Arnoux se montre "bon prince" : il vous propose de se "refaire" avec le projet suivant : l'acompte du nouveau chantier est censé solder le précédent. Le tout au nez et à la barbe de la nouvelle banque.

Si l'entreprise refuse, ce qui fut mon cas, M.Arnoux, sa société, ses collaborateurs deviennent injoignables. Ce fut le cas de la SA Savana Investment qui, après quelques temps, changeait de gérant et de domiciliation, brouillant les pistes pour ceux qui souhaitaient le poursuivre.

sans faillir ,j'ai poursuivi la société SA Savana Investment : 5 ans de procès et, les tribunaux me donnant raison, l'espoir d'être remboursée. En vain. Aujourd’hui, de cette rencontre, il ne me reste que des dettes : la banque de ma menuiserie : le Crédit Agricole des Savoie me réclame 45 000 euros au titre de ma caution personnelle.

La condamnation de monsieur Eric Arnoux ne compense pas la perte de mon entreprise, le départ de mes salariés. Cette condamnation ne changera pas le regard des gens sur l'échec des entrepreneurs. Elle n'infléchira pas la décision du Crédit Agricole des Savoie qui envoie les huissiers  à ma porte.

Mais cette condamnation, relayée par un grand journal, peut enfin être un signal de justice et de préservation de nos entreprises.

 

http://www.lepoint.fr/societe/l-homme-qui-devait-200-millions-d-euros-02-04-2017-2116612_23.php